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24 septembre 2009 4 24 /09 /septembre /2009 11:07

 

En Roumanie - La transylvanie.      

 

C     Ce samedi 12 Septembre, nous passons la frontière hongro-roumaine à hauteur du village de Sacueni (Ro). Nous traversons de grandes étendues de champs de mais, dont certaines parcelles ont des panneaux « Pionneer ». Il s'agit de mais OGM. Nous croisons régulièrement ces parcelles. Entre deux grandes parcelles, l'on peut voir parfois de toutes petites parcelles d'autres types de cultures qui subsistent. Cela laisse imaginer la croissance de l'agriculture intensive dans la région et la généralisation de la monoculture. L'entrée dans l'Europe favorise sans doute le développement de ce type d'agriculture.

 

         La frontière à peine franchie, changement radical d'ambiance. Les villages sont plus modestes, les gens plus chaleureux, les chevaux et les ânes se font plus fréquents sur les routes, et nous nous y retrouvons facilement dans les indications ! La langue roumaine est assez proche du français ou d'autres langues latines. Soudain, tout devient compréhensible ou presque. Ca fait du bien. La première ville ou nous nous arrêtons est Oradea. Très laide dans ses faubourgs, la ville s'avère plutôt belle dans le centre, dotée visiblement d'une histoire riche. Nous trouvons une chambre dans un hôtel du centre ville : l'hôtel « Parc ». Un hôtel aux allures presque luxueuses, mais en fait complètement décrépi. Peintures craquelées, douches qui fuyent et qui creusent des cratères dans les murs, draps troués...décadence.

 

       Bien que nous soyons samedi soir, nous ne trouvons pas de musique « Live ». En prenant le chemin du retour vers l'hôtel, nous entendons de la musique dans une cour. Nous nous approchons, et voyons qu'il s'agit d'un mariage. Nous repartons, pensant être persona non grata. Un homme vient vers nous , et nous invite chaleureusement à rentrer. Il s'agit du marié lui-même. Nous rentrons , un peu génés tout de même, mais le marié, un homme d'une trentaine d'années, nous met à l'aise. Il nous installe, nous offre à boire et à manger. Des jeunes viennent vers discuter avec nous. Un groupe de musiciens met l'ambiance avec une sono. Nous hésitons à enregistrer, la salle donne beaucoup de réverbération, le son n'est pas très bon. Nous prenons tout de même quelques films et photos. Comme un mariage sans musique n'est pas un vrai mariage, vous trouverez quelques pohtos de ce bon moment passé avec ces inconnus curieux, dans un article voisin.

 

 

         Le lendemain, ne pensant pas trouver facilement de musiciens ici, nous partons en direction du Nord-Est, en région moldave. C'est notre destination principale en Roumanie, car nous avons des contacts d'une fanfare rom là-bas, grâce à Costica, un roumain rencontré à Paris quelques jours avant notre départ.

 

       Nous faisons halte par Cluj-Napoca, une grande ville du pays se trouvant sur notre route. Une ville universitaire ou l'on trouve un peu de tout. Au niveau culturel, une ville très active; des musées, des cinémas, des centres culturels, bibliothèques, etc. Nous y avons aussi un contact via un violoniste du groupe Rekontra, rencontré à Budapest. Il nous avait donné le nom de son professeur, situé à Baciu, une bourgade habitée majoritairement par des gitans, en sortie de Cluj.

 

       Nous nous rendons donc à Baciu qui est une enfilade de maisons le long de la route. Nous entrons dans une épicerie pour demander si quelqu'un connait ce maitre violoniste, Sandor Neti. Quelqu'un nous répond qu'il le connait, mais il est mort il y plusieurs années. Il peut s'agir de son fils qui porte le même nom. Cette aimable personne, Joseph, nous amène donc au domicile de Sandor. Ses enfants nous ouvre la porte et fait la traduction (il parle un peu anglais). Sandor n'est pas là. Nous tenterons de le joindre plusieurs fois par la suite mais sans succès. Soit il n'était pas chez lui, soit son téléphone était sur répondeur. Qu'à cela ne tienne !

 

       Entre temps nous nous étions rendus dans un conservatoire de musique à Cluj. Une professeur, Sorina Georgescu, nous avait accueilli avec gentillesse. Elle a justement une répétition prévue avec un élève et nous propose de venir écouter. Nous assistons à la séance, assez stupéfait par le niveau technique de l'élève autant que du professeur. L'élève, un clarinettiste, connait son morceau sur le bout des doigts et joue virtuosement.

 

       Quant à Sorina, elle joue une pièce qui semble bien difficile. Rapidement convaincus qu'il y a matière à enregistrer, nous convenons d'un rendez-vous pour le surlendemain , ou un concert des élèves doit avoir lieu. Le concert n'aura finalement pas lieu mais nous pourrons assister à une autre répétition, avec un trompettiste cette fois, que nous enregistrons.

 

         Florin et Sorina jouent dans une grande salle (de concert), aussi l'acoustique n'est-elle pas idéale pour enregistrer seulement deux musiciens. Cependant en nous plaçant assez près des musiciens, nous arrivons à un résultat satisfaisant. Nous ferons trois prises, dont une avec un autre élève, Alida Lupulescu. Nous rencontrerons également un autre trompettiste, un moldave un peu fou-fou, et passerons un moment sympathique avec eux. Ce conservatoire, le Academia de Muzica, est grand et doté de nombreuses salles insonorisées, le plus souvent avec au moins un piano. Nous étions à deux semaines de l'ouverture lorsque nous y sommes allés mais plusieurs salles étaient tout de même squattées par de musiciens qui venaient s'entrainer. Ambiance décontracté et studieuse. VOus trouverez un morceau sur un article voisin.

 

        Après ces trois jours à Cluj-Napoca, plutôt riches de rencontres (musicales ou non), nous reprenons la route pour Dagata, là ou se situe notre contact. Dagata se situe à 450 au N-E de Cluj, nous mettrons deux jours pour y arriver par les routes de Transylvanie et de Moldava. Les routes ne sont pas en très bonne état. Nous passons par de beaux paysages campagnards, montagnards, et traversons de nombreux villages. Petit halte dans une pension à Toplita ou nous ferons la connaissance d'une famille roumaine. Nous prenons en stop deux jeunes qui s'avères être des américains, volontaires dans l'ONG « Peace Corps ». Ils travaillent dans des projets sociaux et environnementaux pour deux ans en Roumanie.

 

       En roumanie – La moldavie

 

       Jeudi 17 Sep,nous arrivons en Moldavie. Il ne s'agit pas de la république de Moldavie, mais de la région Moldave, dans le N-E de la Roumanie. Autre changement d'ambiance. Les montagnes et forêts font place aux grande étendues agricoles. Nous stationnons le camion pour passer la nuit posons dans un petit village perdu. Nous serons vite accaparés par un homme qui sent l'alcool, parle très fort et ne veut pas nous laisser tranquille. Nous préférons lever le camp et trouver un autre endroit. Il fait nuit, un peu froid. Quelques KM plus loin nous trouvons un autre village perdu. Nous nous posons un peu au hasard dans une petite rue. La nuit se passe sans encombre. Le lendemain matin, une vieille est postée devant sa maison et ne cesse de nous dévisager, le regard sévère. Elle passe et repasse. Au bout d'une heure, alors que je suis en train de faire ma toilette, un policier vient nous faire comprendre qu'il faut partir. Nous ne sommes pas en infraction mais nous dérangeons le voisinage (« vecine »), qui « regarde » et « se demande ce que nous faisons là » (d'après ce que j'ai compris du roumain). Nous repartons en nous demandant ce que nous sommes venus foutre dans cette Moldavie !

 

       Nous finissons par arriver à Dagata. Le coin semble plus accuillant. Nous demandons à la première personne que nous rencontrons s'il connait Tuta, le musicien. Oui, il connait. Nous demanderons à trois ou quatre personnes jusqu'à sa maison, tout le monde connait Tuta ici. Nous arrivons cahin-caha au bout du village de Dagata, qui en en fait un autre village : Zece Prajini.

 

       Une fois la maison trouvée, nous sommes accueillis de manière très libre et ouverte. Nous avions un petit mot écrit par Costica destiné à Tuta. Mais les premières personnes qui ont lu ce mot ne connaissaient pas ce Costica ou n'étaient pas sur de quel Costica il s'agissait. Mais ils nous firent rentrer chez eux, nous offrirent un café, sans savoir qui nous étions ni ce que nous faisions ici. Après avoir débrouillé totalement l'affaire, nous vivons la vraie hospitalité. Maria nous chauffe de l'eau pour nous laver, nous discutons avec toute la famille (certains parlent un peu français), puis nous sommes invités à diner avec eux. Les femmes ne mangent pas avec nous. Certaines sont avec nous tout de même, autour de la table, mais non attablées. Puis on nous invite à mettre le camion dans la cour, et à dormir chez eux. Le lendemain , nous partageons encore des repas, lavons notre linge, discutons, et....enregistrons !

 

       "Batuta Moldova", trad. interprété par Didic et Oliviu Pantiru, et Trifan Cracium.

 

 

        Didic, Oliviu et Mihail, trois des enfants de Tuta, nous font le plaisir de jouer pour nous, avec un ami trompettiste, Trifan. Ils jouent bien, en particulier Didic qui est un vrai virtuose. Il joue du saxophone de manière incroyable : légère, rapide (très rapide, Harriette peut le confirmer), fluide (très fluide...), mélodieux. Nous faisons quelques prises.Voici deux morceaux en écoute en mp3. Ils ont été enregistrés dans leur salon, en ORTF, à environ 1 m des cuivres et deux mètres des enceintes de la sono ou étaient branché le synthé. 

A Zece Prajini, tout le monde ou presque joue de la musique. Le village est connu pour ca. De nombreux musiciens jouent a l'etranger et sont absents du village une bonne partie de l'annee, pendant que les femmes s'occupent de la famille. La famille Pantiru est une grande famılle de musıcıens, connue dans tout le vıllage et dans le pays. Ils ont joue pendant trois ans avec le fameux cirque Zingaro, qu'ils ont suivi sur leur tournee internationale. Ils en sont fiers d avoir travaille avec Bartabas, qu ils apprecient beaucoup.  Grace a ce contrat avec Zingaro, ıls on pu construire trois nouvelles maisons pour leur famille a Zece Prajını.  

 

       Mariage à Roman

 

        Le soir, Didic nous invite à venir à un mariage où il joue avec Trifan et un autre musicien. Nous nous y rendons avec plaisir. Ce mariage a lieu dans un endroit bien plus classe que celui d'Oradea. Le marié parle anglais et un peu français, la mariée anglais. Nous aurons peu de contacts avec eux, nous sommes déjà des pièces rapportées, nous nous faisons petits. Didic et ses compères nous révèle la largeur de leur palette musicale : chansons populaires roumaines, musique Rom, un peu de variété.... Nous faisons quelques prises. Le son n'est pas idéal : tout passe dans une sono dont le volume est mis très haut. C'est visiblement ce qu'attendent les convives puisqu'ils se montrent très avides de danse et de chant. C'est encore une fois un mariage autrement plus festif que ceux qu'on a l'habitude de voir en France. Nous restons une bonne partie de la soirée à discuter avec les musiciens, des photographes, quelque convives, et à déguster du bon vin : un vin rouge de République de Moldavie « Rosu de Purcari » 2003 et un autre de Roumanie « Trei Hectare » cabernet Sauvignon 2004 Murfatlar, tous deux de bonne facture.

         Vous trouverez en écoute Sarba , enregistré à ce mariage. 

 

 

 

A    Vaslui

 

      Le lendemain, après avoir passé la nuit dans une forêt avoisinante, nous prenons la route pour Vaslui, une ville située à 100 km de là, où nous avons un autre contact. Arrivé dans cette ville sans aucun intérêt apparent, nous demandons à un café s'il connaissent Cantea , notre contact. Le serveur nous amène dans l'immeuble situé derrière le café, dans une salle d'ou sortent des musiciens. L'un deux connait Cantea. Il l'appelle, mais il n'est pas à Vaslui ce jour-là. Pas grave, les musiciens s'apprêtent justement à aller faire un concert dans un parc de la ville ! Nous discutons un peu avec eux pour savoir si nous pouvons les accompagner et enregistrer, le directeur artistique de la troupe nous donne son accord. L'homme se montre particulièrement chaleureux, ainsi que la plupart des membres de la troupe. Les techniciens du son nous aideront aussi ! La troupe, Rapsodia Vasluiului, est forte d 'une quinzaine de personnes, deux techniciens du son et Mircea, le dir. artistique, également chorégraphe et ex-chef de la police ! Une personnalité vraiment attachante.

 

       La troupe joue un répertoire de musique traditionnelle de la région. Des gens dansent, jeunest et moins jeunes. Nous faisons quelques prises, le groupe joue dans un kiosque en plein air. La sono joue fort, très fort, encore une fois ! Voyant notre matériel qui peut nous faire paraître pour des professionnels, plusieurs musiciens viendront nous voir pour nous demander si nous connaissons des impresarios. Il s'avère que nombre d'artistes de qualité dans ce pays sont peu, mal ou pas du tout accompagnés. Nous remercions Mircea ainsi que le troupe pour leur accueil.

 

 

      Bucarest

 

      Le lendemain nous continuons notre route pour Bucarest. Bucarest n'est pas une ville attrayante au premier abord. Elle ne nous séduit pas d'emblée. Mais nous l'apprécions. Nous arrivons assez rapidement à établir des contacts avec des musiciens, mais nous avons déjà tellement d'enregistrements de ce pays que nous sommes un peu saturés et y allons tout doucement.

 

      Mais laissez-moi vous parler de Vlad. Nous avons rencontrés deux jeunes dans la rue, Alex et Vlad. Alex connait un autre Vlad , alias SJ Congo, qui fait de la musique électronique. Il l'appelle, nous sommes invités à venir chez lui tout de suite ! Ils nous y emmènent et nous arrivons dans un appartement dont la pièce principale est dédiée entièrement à la musique. Les machines (samplers, synthés, ordinateurs, etc.) de Vlad sont disposés en demi-cercle et constituent une véritable machine de guerre du son ! Nous sommes impressionnés. Vlad met immédiatement la main aux sur ses boutons et lance la sauce. Il joue live pour nous pendant presque une heure. J'enregistre tout ou presque, tellement ses compositions sont bonnes et son son de qualité (sortant sur enceintes de monitoring Yamaha). Il nous parle de sa manière de procéder, ses difficultés à vivre de la musique sans compromis (il nous répète à loisir qu'il ne fait pas de musique commerciale)....En effet, sa musique n'est pas des plus commerciales, pourtant il y a largement matière à développer son potentiel, s'il avait un manager...

       Vlad semble étouffer en Roumanie, il nous dit être en constante recherche de nouveaux magazines sur le son, de nouveaux sons, nouvelles musiques, nouvelles rencontres. Il est assurément passionné par ce qu'il fait et complètement dédié à sa musique, et cela nous inspire du respect.

 

      Voici une photo de Vlad et de ses machines de guerre. Nous mettrons un extrait de musique très prochainement ici, promis ! En attendant nous vous invitons à l'écouter sur myspace.com/sjcongo

 

 

        Au jour au j'écris ces lignes (jeudi 24 Sept), nous sommes encore à Bucarest jusqu'à demain. La Roumanie aura été jusqu'à présent le pays ou nous aurons fait le plus de rencontres, musicales ou non. Nous allons ce soir à un concert de musique classique dans le cadre du Georges Enescu Festival, un grand festival international de musique classique qui a lieu ici tous les ans. Nous aurons fait peut-être d'autres rencontres d'ici là....Demain, nous partons pour la Bulgarie.   

       So on !....

 

 

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Published by Olivier & Harriette - dans Français
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commentaires

david 25/09/2009 22:51


Le Vlad, il m'interesse !! Il travaille pour la NASA on dirait ... Vivement un extrait de ces sons !


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