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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 21:00

Entrée en Bosnie


C'est en ce lundi 23 novembre que nous arrivons en Bosnie. Mais auparavant, nous prenons un autre stoppeur, une dame qui attend seule au bord de la route. Elle va à Mokra Gora, un village ou Emir Kusturica possede une maison. C'est sur notre route, nous passons tout pres de la maison du maitre, mais ne tentons pas d'arret. Nous sommes toujours avec Sacha, notre jeune auto-stoppeur, avec qui nous passons la frontiere. Juste avant, on nous demande de payer 50 dinaras (0,5 \) de taxe ecologique. Je ne sais pas trop a quoi sert cette taxe, mais la personne prend meme nos centimes d'Euros. Ici aussi, l'Europe frappe a la porte. Peu après la frontière, nous sommes arrettes par la police. Elle ne fait que nous controler et nous laisse vite repartir. Je demande a Sacha pourquoi nous ont-ils arrettes , il me repond : ォ pour rien, pour l'argent ! サ. Les bakshishs sont encore pratiques, peut-etre la police en dedouane-t-elle les etrangers ? Nous entrons dans le pays par une belle region assez sauvage et montagneuse. Sacha nous explique que nous sommes en « Republica srbska », en « république serbe ». Cette région est frontalière avec la Serbie. Mais nous sommes bien en Bosnie ! C'est ça, les Balkans !!!!....


Nous déposons Sacha à Visegrad, lequel, reconnaissant, nous accompagne à la poste, nous fait faire un petit tour de la ville, salue tous les gens qu'il rencontre (l'enfant du pays est de retour chez lui apres un an d'absence !), il nous invite a boire un verre. Apres avoir bu deux bieres dans le camion, il en boit deux autres au cafe. Ca picole toujours autant dans les Balkans !


SARAJEVO

Après une longue route sinueuse, Sarajevo s'ouvre soudain à nous, caché par une série de montagne. Nous avons immediatement l'impression d'être dans un petite ville. Nous nous garons et cherchons un hotel. Les prix depassent notre budget. Quelqu'un nous faiter Kemal, qui loue une chambre chez lui, pour 20 \ pour deux. L'homme nous accompagne d'un pas rapide chez lui, en peu en hauteur, au bord d'un cimetiere musulman. Au moins, ce sera calme... Nous voici chez une famille bosniaque ! Nous aurons peu de contact avec Kemal , plus avec sa mere , avec qui nous partagerons l'appartement. La madre a vu deux ans en Italie, aussi nous debrouillons-nous avec le peu d'Italien que nous pouvons parler. La madre a passe les trois jours que nous sommes reste chez elle devant la tele ! Comme beaucoup de maisons dans la region, celle-ci n'est pas finie. Tous les murs n'ont pas ete enduits, il semble que la maison soit encore en construction.


 









Dans toute la région, de nombreuses maisons sont ainsi. En général, c'est le premier étage qui est habité en premier. Puis, si le couple a un fils, ce sera lui qui continuera la maison en s'installant à l'étage supérieur. Si c'est une fille, elle ira probablement vivre chez son mari. On construit donc une maison à plusieurs étages dans la perspective que ses enfants la continue plus tard, quitte à ce qu'elle ne soit achevée que deux générations plus tard....


 

 

 

 





Le lendemain, nous consacrons la journée à faire connaissance avec la ville. Nous commençons par le cimetière

tout proche. Comme beaucoup de choses ici, le cimetière bénéficie des fonds de l'USAID pour son entretien. Ici c'est un monument historique, certaines tombes ont plus de cinq siècles. La plupart des tombes sont en marbre blanc sculpté. Les tombes ayant une sorte de coiffe sculptée dessus sont celles des hommes, celles qui n'en ont pas sont celles des femmes. D'ici, on a une vue sur la ville. Les minarets dominent, mais il y aussi des églises catholiques et orthodoxe. Comme souvent dans les Balkans, les religions et les cultures cohabitent, et la religion majoritaire peut varier d'une région d'un même pays à une autre.





Sarajevo me surprend. Du haut de mon ignorance,  Bosnie et Sarajevo signifiaient  pour moi « guerre » et donc « pauvreté ». Je resseantais une petite angoisse en arrivant.  Je m'attendais à trouver une ville peut-être triste, certainement abimée. Je ne connaissais même pas précisément les dates de la dernière guerre, mais je n'avais plus entendu parler de cette ville depuis la guerre.


Comme dans la vieille ville de Skopje , mais encore plus ici, nous avons l'impression d'être de retour en Turquie ! Mosquées, petites échoppes spécialisées, terrasses, convivialité...Mais cette fois avec un côté européen, cafés branchés et belles petites boutiques. C'est du moins l'ambiance qui règne dans la vieille ville, dont une grande partie est piétonne. Le centre de la vieille ville est en très bon état. On peut penser qu'il n'y pas eu la guerre ici. Mais dès que l'on s'écarte des principales artères, on voit vite des immeubles marqués par d'innombrables impacts de balles...Et plus l'on s'éloigne du centre, plus on en trouve.





Nous sommes assez vite conquis par cette ville et cette ambiance. Et...La musique , dans tout ça ? Nous sommes en début de semaine, ce n'est pas le meilleur moment pour trouver des musiciens. Nous voyons quelques affiches, deux ou trois concerts sont prévus cette semaine. Ce n'est pas énorme.


En sortant le premier soir, nous passons devant un lieu d'ou sort de la musique. Nous nous approchons, c'est un tout petit restaurant ou un groupe est attable Quelqu'un joue de l'accordeon, les autres chantent. Ambiance festive ! Nous sommes chaleureusement invites a rentrer et a nous asseoir. Le groupe est visiblement bien avance dans la consommation de biere. Le groupe semble surpris et ravi de notre présence, en particulier Niaz, l'accordeoniste. A peine sommes-nous assis qu'il vient se poser tout pres de nous (enfin, juste en face d'Harriette pour etre plus exact) et entame alors une vraie sérénade, un medley d'une dizaine de minutes. Comme vous pourrez le constater sur un extrait vidéo , il fait les yeux doux à Harriette ! Il aurait voulu la séduire qu'il n'aurait pas mieux fait...L'homme est ivre, et pourtant, il joue merveilleusement bien ! Mais comment fait-il ?


Niaz, avec ses trois mots d'anglais, nous répète vingt fois "merci", "demain à 19H", et nous serre dix fois la main. Il propose que nous revenions demain et que nous jouions un peu ensemble. Je suis partant, d'autant que je n'ai pas eu le temps de l'enregistrer ce soir. Nous prenons rendez-vous, nous verrons bien s'ils se rappel

lera demain de sa proposition... Nous allons voir encore un ou deux lieux, mais nous ne trouvons rien d'autre de très intéressant pour ce soir. Nous verrons demain.


Le lendemain, je visite la partie plus moderne de la ville tandis qu'Harriette se repose à l'appartement. Le tramway me donne un aperçu global et me montre une autre ville, moins charmante. La partie plane de la ville baigne dans une nappe de pollution de couleur marron. La ville est toute en longueur, coincée dans une étroite bande de terre entre deux montagnes. Je croise une "place de France" inaugurée en mai 2009. Je mange quelques Beureks : tiens, le même nom qu'en Turquie ! Mais pas tout à fait la même chose : ici, la pâte feuilletée est roulée et fourrée de différents produits (viande, épinard, fromage, patate, œufs...) et frite. Ceux de Sarajevo sont particulièrement savoureux. Et avec une Sarajevsko, la bière locale, excellente, tout cela passe très bien !


A 19 H, nous allons a notre rendez-vous avec Niaz. Nous trouvons un lieu totalement clôt et sombre...nous ne sommes pas très surpris. Nous attendons quelques minutes, personne ! Tant pis, Sarajevo à d'autres cartes à jouer ! Nous allons dans un restaurant réputé produire des musiciens tous les soirs ; "The club restaurant". L'endroit est beau, un ensemble de plusieurs caves, une pour le restau, une pour le bar-salle de spectacles, deux autres "lounge"....Et nous mangeons plutôt bien. J'ai l'occasion de déguster un verre de Blatina, un vin rouge Bosniaque pas mauvais. Les musiciens s'installent paresseusement et jouent....mollement. Ils interprètent des standards de la région sans aucune conviction. Bien que nous ayons le matériel avec nous, nous n'envisageons même pas de les enregistrer. Seul intérêt : leurs instruments sont étranges. Il y a deux guitares à 4 cordes, un a une drôle de tête >

 

 








L'autre a une tête de violoncelle









Frustrés de n'avoir rien enregistré depuis que nous sommes ici, nous continuons notre recherche. Il y a un bar dans un concert, nous entrons, deux guitaristes chanteurs. Le bar fête son anniversaire, il y a un peu d'ambiance, on nous offre une coupe de champagne, Les gars jouent bien. Le son sort dans une sono, il n'est pas mauvais du tout, mais les gars ne jouent que des reprises internationales. Tout cela ne nous motive pas suffisamment pour sortir le matos. Ah, mais c'est que nous sommes devenus exigeants avec le temps !


Nous faisons un dernier essai au Balkan café, ou un groupe était programmé ce soir. Mais le concert a été annulé ! Nous n'aurons pas eu de chances avec Sarajevo ! Nous quitterons la capitale sans aucun enregistrement, puisque nous partons demain pour Mostar.


Avant de partir, nous visiterons le microscopique musée de la ville. Il relate quelques éléments de l'histoire contemporaine de la ville et du pays. Car c'est ici que les héritiers de l'empire Austro-Hongrois l'archiduc Franz Ferdinand et sa femme ont été assassinés en 1913, ce qui déclencha la 1è guerre mondiale. Malheureusement, le musée pèche par son manque d'information et d'explication.


Au fait, saviez-vous que si le pays se nomme Bosnie Herzégovine, il s'agit en fait de Bosnie ET Herzégovinie (BiH  : Bosnia i Herzegovinia) ?  Deux régions culturelles distinctes. Après le Kosovo, bientôt deux nouveaux états ?


Sarajevo , centre vieille ville :







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Published by Olivier & Harriette - dans Français
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