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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 21:05
La route qui nous mène à Mostar est belle et traverse, encore et toujours... des montagnes. Il est rare de ne pas en voir dans les Balkans. Elle longe un fleuve aux eaux verts émeraude, le Neretva, qui nous guide tranquillement jusqu'à la ville. Mostar (mos=pont, star= vieux), situé à une centaine de kilomètres au sud de Sarajevo, porte bien son nom. Il y a ici un pont très fameux. Sa renommée s'explique de plusieurs façons.

 

Le pont est d'une envergure exceptionnelle pour un pont en pierre et de style ottoman. Il est particulièrement haut par rapport à d'autres ponts du même style, et est situé sur un très beau site naturel et culturel. Mais il a aussi été détruit pendant la guerre (1992-1995), dans l'optique de séparer la ville en deux, et isoler des populations de confessions différentes. Le pont a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco et entièrement reconstruit à l'identique en 2004. Depuis, il est devenu tout un symbole de paix et de réunification des peuples.


  Le pont de Mostar :


 

En arrivant à Mostar, nous ne trouvons pas tout de suite la vieille ville. Ce que nous voyons d'abord , c'est ça :

 


 











 

 














C'est une ville encore très abimée par la guerre. De nombreux bâtiments sont soit détruits et laissé en état de ruine, soit marqués par d'innombrables impacts de balles, comme si tout les bâtiment avait été généreusement mitraillés. Et tout cela a été laissé intact. Sur certains immeubles, les trous ont été rebouchés, sur d'autres, rien. C'est comme si la guerre a eu lieu hier. Ca laisse présager des dégâts qu'il y a dû avoir à l'époque ; la ville a du être presque entièrement ravagée, sans compter les morts, les blessés, les disparus, les meurtris à jamais....les blessures sont visibles, et nombreuses, mais les blessures invisibles sont sans doute plus douloureuses encore.

 

La vieille ville, elle, a fait l'objet de beaucoup plus d'attention pour sa reconstruction. Une grande partie des éléments détruits, et notamment les plus anciens, ont été reconstruits. Le vieux Mostar est magnifique. C'est un petit village, sans doute très touristique en été. En ce moment c'est Bajram, la fête de fin du ramadan. Quatre jours de célébration et, comme pour l'aïd, on sacrifie un mouton. En conséquent, de nombreux commerces sont fermés, peu de monde dans les rues.

 

En Macédoine, Naat Veliov nous avait montré une vidéo sur le chanteur Saban Bajramovic  (dont je vous recommande l'ecoute, voir par exemple http://www.sabanbajramovic.com), très célèbre dans la région. Peu de temps avant de mourir, il avait enregistré dans un studio à Mostar. Naat nous avait expliqué qu'il s'agissait du Studio Pavarotti. Pavarotti avait financé cette structure après la guerre. C'est un complexe qui contient non seulement un studio d'enregistrement de qualité et un bar restaurant, mais aussi un foyer d'accueil pour les veuves victimes de la guerre et leurs enfants. Nous nous y rendons donc dans l'espoir de rencontrer des musiciens et peut-être de pouvoir enregistrer dans des conditions exceptionnelles. Malheureusement, il n'y a pas de groupe prévu avant mardi prochain, date de fin du Bajram. Nous ne pouvons attendre jusqu'à mardi et notre interlocuteur et nous ne parlons pas de langue commune. Difficile d'aller plus loin dans ces conditions. Tant pis !

 

Nightlife in Mostar

 

Par contre, le vendredi soir, c'est la fête, et là, les rues sont plus animées. La nuit tombée, les rues se remplissent de monde, beaucoup de jeunes, et de nombreux bars ont sorti les sonos.

 

Nous en profitons pour chercher des musiciens. Nous nous renseignons et trouvons deux ou trois concerts qui doivent avoir lieu ce soir. Notre premier est un guitariste chanteur reprenant des chansons connues de la région. Une partie du public chante avec lui. Là encore, les jeunes connaissent les standards. Mais nous ne sommes pas emballés par son style (ou ses chansons) un peu mou et nous n'enregistrons pas.

 

Nous nous rendons ensuite à l'Oxygène club, une boite branchée de la ville. Nous avons vu des affiches du groupe Tribun band qui y est programmé. En arrivant, Harriette repère un musicien et l'aborde. Il ne parle pas anglais mais il nous présente une charmante demoiselle qui le parle. Celle-ci nous introduit à Admir, un des deux claviers du groupe. Aucun problème pour que nous enregistrions ce soir et utilisions l'enregistrement. Admir est un homme un peu fou qui à l'air de prendre les choses en main. Notre pied de micro a été retenu par les agents de sécurité. Il part d'un pas décidé et de me demande de le suivre. Deux minutes après, j'ai le pied de micro dans les mains.

 


 


Tribun band est un groupe de Sarajevo connu dans le pays. La salle est remplie et doit contenir 200 à 300 personnes. Legroupe est très rock, basé sur la rythmique appuyée de deux synthétiseurs. Le public, toujours aussi majoritairement jeune, connait par cœur les paroles de

leurs chansons. Si je n'ai pas été conquis par leur musique, j'ai apprécié cette ambiance bon enfant. Ce groupe a son public, c'est indéniable. Il est dommage que nous n'ayons pas pu apprécier les paroles. Bien que la qualité du son n'ai pas été très bonne (sans doute due à une mauvaise balance) nous avons tout de même enregistré quelques morceaux pour l'ambiance. Peut-être en retrouverez-vous un extrait prochainement sur ce blog !

 

                                             Admir et le manager > 

 

 


Sur le chemin du retour, nous passons à nouveau devant un café ou nous avions aussi repéré un concert. On nous avait dit qu'il y avait un groupe, il n'y a qu'un homme qui chante sur des instrumentaux. L'homme était déjà là à 19 H , il est toujours là à minuit ! Pas très intéressant pour nous, mais le public est là, et il semble apprécier. Ce que nous retenons de cette soirée à Mostar, c'est que cette ville bouge quand même un peu, en dépit de notre première impression.

 

Nous quittons Mostar le lendemain sous la pluie, non sans faire une ultime et humide ballade dans cette magnifique vieille ville. Notre destination, la Croatie, plus particulièrement Dubrovnik, à environ 150 km au sud. Comme nous aimons bien faire des détours, nous passons pas une petite route quasiment déserte qui nous emmène dans les montagnes sud-bosniaques, le long de la Dalmatie, cette longue bande de terre croate. Ici, tout est écrit en cyrillique. Heureusement, il y a très peu de routes. A nouveau les paysages sont très beaux.

La preuve :

Notre bilan de la la Bosnie ? Musicalement, c'est le pays ou nous avons fait le moins d'enregistrement intéressants. Humainement, nous n'avons pas fait non plus de rencontre particulière. Je crois que c'est le premier pays où nous n'avons ni l'un ni l'autre. Mais c'est aussi le pays où nous avons passé le moins de temps (5 jours), l'un pouvant expliquer l'autre. Mais nous avons aimé ce pays tout de même, pour ce côté multiethnique, multiculturel, multiconfessionnel, et la beauté de ses paysages. Bye bye Bosnie et Herzégovinie !

 

 

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Published by Olivier & Harriette - dans Français
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commentaires

delphine 02/12/2009 21:34


Hug! Et bien justement j'entendais l'autre jour un ingénieur français qui a contribué à la reconstruction du pont de Mostar. Un sacré chantier, dans un contexte lourd d'histoire et de symbole.
(C'était sur France culture dans la fabrique de l'histoire mais je ne retrouve pas le lien.)
Bonne route les amis!


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